• A-Dieu l'Ami

  • Chers Amis,

    Tous parmi vous ne le savaient peut-être pas, notre cher Jean-Marie était malade depuis quelques mois.

    Jean-Marie BEAURENT  

    Il est reparti vers la maison du Père
    en cette nuit du dimanche 27 au lundi 28 décembre 2009
    vers 4 heures du matin.



    Ces derniers jours, il est resté présent malgré son immense fatigue.

    Il a reçu le sacrement des malades le samedi 19 décembre, en présence d’un tout petit nombre de membres de sa famille, de personnes de Mess'Aje, de l'IiFAC, d’Exultate Deo et de la Catho. Nous y étions ainsi tous représentés.

    A cette occasion, Jean-Marie a tenu à remercier l'Institut Catholique d'avoir accueilli l'intuition des Seuils de la Foi.

    Nous sommes dans une immense peine de ce départ prématuré, mais aussi dans la foi que la joie du ciel lui est donnée ; et que sa vie offerte n'a pas fini de porter de nombreux fruits.


    La célébration des funérailles a eu lieu à la cathédrale Notre Dame de Grâce
    à Cambrai  le jeudi 31 décembre à 11 heures.

    Jean-Marie est inhumé au cimetière de Baives (59132).
     

     

    Très fraternellement, en union de prière avec chacun de vous,



    Le Père Jacques Bernard,
    fondateur de l’IiFAC
    Catherine Le Peltier, Marie-Odile Gruson, Edith Herbeau, pour l’équipe pédagogique IiFAC
    Véronique Masse, Michèle Leroux, et Michèle Acquart,  pour l’administration IiFAC
    Emilie Delepoulle, Jean-Noël Michalik, pour le labo IiFAC

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  • Chers Amis,

    Je vous remercie d’avoir pris le temps de m’adresser un témoignage de votre amitié à l’occasion du décès de notre cher Père Jean Marie.
    Merci aussi pour toutes les prières et les messes célébrées pour lui dans tant d’endroits du monde, partout où Jean Marie était connu et aimé.
    C’est vrai, nous perdons un artiste, un théologien, un amoureux de la liturgie, mais aussi un père, un frère, un maître : il avait  contribué à  former tant d’entre nous avec cette bonté, cette intelligence et cette gentillesse qui lui étaient propres.

    Néanmoins, la vie de Mess’AJE continue. Nous avons la certitude que le Père Jean Marie ne cesse pas d’être avec nous, intercédant auprès du Seigneur dans la louange et les chants d’actions de grâce. Il nous redit ce mot qu’il avait prononcé dans un souffle en me disant au revoir : « Courage ».

     

    Avec toute mon amitié,

     

    Bertille Vernier
    Présidente Mess'Aje Internationale


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    Cher Jean Marie,

    Rarement homme aura rassemblé autant de sympathie[1]

    Ta famille : Marie Lou, Pi-Jos, Anne-Marie et leurs familles. Ils ont été à Baives, le berceau où tu as grandi, construit par la rencontre de deux artistes, un papa sculpteur et une maman musicienne repartie trop tôt vers le Père quand tu avais 16 ans.

    A Baives, tu accueillais les amis de ton année d’ordination. Ils t’on revêtu aujourd’hui pour la dernière fois de ton aube et de ton étole. Le diocèse qui t’a fait prêtre restera toujours ta famille et le Père Evêque est aujourd’hui fier de son prêtre.

    C’est aussi à Baives que tu as accueilli la famille naissante de Mess’Aje où, avec Françoise Burtz, les artistes et les théologiens en herbe que nous étions, se réunissaient pour apprendre à dire l’Evangile à une Eglise de laïcs adultes que le concile ouvrait à toutes les espérances.

    Ta famille, c’est aussi le séminaire premier cycle où tu as enseigné. Puis ce fut l’Université Catholique de Lille pour une longue croisière. Grâce à la ténacité du rectorat, avec collègues et amis, nous avons collaboré à faire que l’intelligence de la foi puisse, par des outils appropriés se mettre à la disposition des chrétiens adultes pour évangéliser leurs frères. L’IiFAC est là aujourd’hui avec les élèves des quatre coins du monde, Liban, lituanie, Pologne, Inde, Canada, Afrique, Belgique, France. Ils célèbrent avec nous dans leurs pays respectifs ta dernière messe sur la terre et ta première dans le ciel.

    Ta famille, c’est aussi, avec tes filleuls et nombreux amis, la musique qui a donné une âme à tous les outils que nous avons faits. Marcel et l’ensemble vocal Exultate Deo t’accompagnent aujourd’hui et seront pour toujours tes enfants et tes amis.

    …Telle est la joie et la fécondité du sacerdoce que Jésus t’a confié. Celui qui renonce pour suivre Jésus à Père, Mère, Epouse, enfants, Dieu les lui rend au centuple, et déjà en ce monde. Ils sont venus honorer ton cercueil avec les lumières d’Evangile que tu leur as transmises toute ta vie.

    Amoureux de la liturgie, tu nous as toujours dit : il faut accueillir les textes que la liturgie nous donne comme Parole de Dieu qu’on ne choisit pas plus qu’on ne choisit le jour de sa mort. L’Evangile du jour est le commencement de l’Evangile de Jean. Il était lu au temps où Jean Marie faisait son séminaire à la fin de chaque messe, comme la quintessence de tout l’Evangile. La liturgie nous le donne aujourd’hui pour célébrer Noël et nous l’accueillons pour célébrer, comme naissance au ciel, la fin de la vie sur terre de celui qui est devenu notre maître et notre ami. Ecoutons cet Evangile :

    Au commencement était la Parole, le Logos. Depuis le V° s. avant JC, l’unique Dieu, Créateur du ciel et de la terre, était pour les juifs le Dieu d’Amour. Confrontés à la Sagesse grecque qui avait abandonné les dieux de la mythologie pour le Logos des philosophes, les juifs avaient appelé LOGOS cette Parole d’Amour. Jean Marie était un philosophe. Tout son enseignement tentait d’articuler cette sagesse des philosophes avec sa foi dans le Dieu Amour qui était au cœur de sa vie toute de bonté. Cette Parole n’était plus chez lui le monde des idées mais cette interface d’Amour entre Dieu et son peuple donnant à la lumière de l’intelligence une densité ignorée des philosophes. « L’amour a des raisons que la raison ne connaît pas » dit le poète. Pour dire cet amour, Jean Marie empruntait au philosophe juif Lévinasse l’image du visage. Le visage d’autrui appelle tout homme à respecter la tendresse de Dieu qui y est déposée et à se laisser transfigurer par la réponse qu’il lui offre. Comme le dit notre Evangile : La Parole était tout à la fois tournée vers Dieu et lumière des hommes. Jean Marie, comme philosophe mais surtout comme prêtre et comme ami, en portait dans son visage le reflet.

    Cette Parole, poursuit l’Evangile, a visité les hommes par son « envoyé » Jean-Baptiste. Il est venu rendre témoignage à cette lumière sans être lui-même la lumière. Entouré des mystiques de l’apocalyptique juive, Jean Baptiste attendait que Dieu veuille renouer avec les hommes pécheurs en ouvrant à nouveau le ciel. De même, Jean Marie aimait à  faire le va-et-vient entre un judaïsme tellement sûr de l’amour de Dieu qu’il croyait en avoir épuisé la mesure et cette attente des mystiques qui, comme Jean Baptiste, ouvraient la brèche de la fragilité humaine à l’inattendu de la miséricorde divine… L’Evangile poursuit : cet inattendu était dans le monde au temps des mystiques juifs et le monde sous le poids du péché ne l’a pas connu. Jean Marie était intarissable à poursuivre l’orgueil qui empêche le cœur de s’ouvrir à cette miséricorde divine qui tend la main à notre pauvre fragilité humaine. Et voilà pourtant le miracle :  A tous ceux qui ont cru à cette miséricorde, avant même la venue de Jésus, Dieu a donné de pouvoir devenir « enfants de Dieu ». A la suite des mystiques de l’apocalyptique juive, à la suite de Jean Baptiste, Jean Marie a aimé attendre la venue du Messie.

    Et le Verbe s’est fait « chair », il a séjourné parmi nous, et nous avons vu sa Gloire. Dieu a fait l’impensable. Notre visage ne pouvant refléter le sien à cause de notre péché, il a pris notre visage pour nous échanger le sien. Noël de « pauvres » me disait Jean Marie la vielle de sa Mort. Il y avait une petite crèche sur sa table de nuit. C’est tout le mystère de la proximité de Dieu, Dieu se faisant pauvre pour rencontrer le pauvre. C’est tout le mystère de Noël et c’est tout le mystère de la liturgie qui prolonge le mystère de Noël. Jean Marie n’était pas seulement un philosophe, ni un amoureux de l’apocalyptique juive, il était aussi un chantre de la présence du pauvre aux pauvres pécheurs que nous sommes et il chantait cette présence dans la liturgie qui était pour lui le grand art. Cet art où le chef de chœur, cède la place à Dieu lui-même. L’eucharistie ou le baptême nous plongent dans le mystère de celui qui, refusé par les prêtres du Temple, a pris sur lui la mort qui ne le concernait pas, pour la retourner en pardon et emmener toute la création, rachetée dans le sang, jusque dans le sein du Père qu’il rejoignait. Jean Marie aujourd’hui a uni sa propre mort à Celle de celui en qui il a été baptisé et dont il reste le prêtre pour l’éternité. Dans cette Eucharistie il unit son sacerdoce à celui de Jésus qui a rejoint le Père en même temps qu’il demeure avec nous jusqu’à la fin des temps. Toi aussi, tu restes avec nous, cher Jean Marie et tous, Famille de la terre, Diocèse, Université, Mess’Aje, I’iFAC, Exultate Deo, et tous les artistes et amis, tous nous nous mettons sous ta protection et celle de Notre Dame de Grâces qui t’a veillé depuis ton ordination en cette cathédrale jusqu’à ce jour ou tu la retrouves, une fois achevé ton chemin sur la terre.

    Jean Marie aurait sûrement conclu l’homélie en vous souhaitant une bonne et heureuse année. Nous avons aujourd’hui un intercesseur dans le ciel pour faire que ces vœux deviennent joie du ciel. Au nom de Jean Marie, meilleurs vœux à tous et à toutes.

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    [1] La première partie en italique a été reprise de manière personnelle par Mgr Garnier.



    Seigneur, nous te remercions pour le Père Jean Marie Beaurent
    qui a servi ta Parole de tout son art, de toute son intelligence et de tout son cœur.
    Nous croyons que tu l’as accueilli dans ta lumière.
    Qu’il puisse, dans cette lumière, continuer à nous guider, à nous enseigner
    et à nous encourager à te servir.
    Que ton Esprit Saint, Seigneur, suscite des prêtres, des théologiens, des artistes
    qui t’aiment et qui soient des témoins de ton Amour.

     (Intention de prière universelle qui a été lue lors de la messe célébrée pour
    le Père Jean Marie à la Chapelle de l’Université Catholique de Lille le 13-01 2010)

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    Aux Iifaciens et Mess'aje et équipe IiFAC
    Chers amis,


    Pour vous permettre de noter dès à présent ce rendez-vous sur vos agendas,
    nous sommes heureux de vous annoncer que le Rectorat de l’Université Catholique de Lille propose une

    Messe d’action de grâce en mémoire du

    Père Jean-Marie BEAURENT

    Le jeudi 4 mars 2010 à 18h30

    A la chapelle universitaire 
    60bis, boulevard Vauban à Lille

     

     

    Une invitation officielle vous sera prochainement adressée, ainsi qu’aux membres de l’Institut Catholique et aux prêtres de nos trois diocèses, et devrait être publiée dans Église de Lille, Église de Cambrai et Église d’Arras, La Croix du Nord.

     Véronique MASSE
     Adjointe de Direction IiFAC
     Tél :  03.59.31.50.36
     Port :  06.16.55.28.39

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